Chien des buissons |
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Il est un animal sauvage |
Origine |
Brésil | |
Traduction |
Francis Vandersteen |
La détention de cet animal n'est pas autorisée Arrêté royal fixant la liste des mammifères non détenus à des fins de production qui peuvent être détenus (M.B. 24.08.2009) |
Le chien des buissons, ou chien des bois, est un petit canidé sud-américain, seul représentant au monde du genre Speothos, avec ses 30 cm de haut sur 60 de long, il est aussi la plus petite des six espèces de canidés du Brésil. Il est tellement farouche et mystérieux que les naturalistes disent qu’on a plus de chance d’observer un jaguar que cet étrange et méconnu petit chien sauvage aux allures d’ourson. Au Brésil, on l’appelle cachorro-vinagre (chien vinaigre) en raison de sa couleur. Mais rares sont ceux qui ont eu la chance de le croiser au détour d’un chemin. Ce chien, qui vit pourtant en petite meute, est un animal aux mœurs très discrètes. Il vit surtout dans les forêts et les zones marécageuses, on le trouve dans la partie amazonienne et tropicale de l’Amérique du sud jusqu’au Panama, mais son aire de répartition la plus vaste est au Brésil, puisqu’il couvre presque tout le pays, à l’exception de la région semi aride du nordeste et des pampas du sud. Bien qu’occupant un si vaste territoire, l’espèce est peu connue. Si en 1842 on avait trouvé des fossiles de cette espèce, que l’on a cru éteinte puisque personne ne l’avait encore jamais vu, ce n’est qu’à la fin du 19e siècle qu’elle a été observée pour la première fois. Elle fait d’ailleurs partie de ces rares animaux dont on découvre les fossiles avant l’espèce vivante. Rien qu’en cela, le chien des bois n’est déjà pas un animal comme les autres, mais son étrangeté ne s’arrête pas là. En effet, ce petit canidé, qui ne pèse pas plus de 6 ou 7 kg à l’âge adulte, est totalement adapté à la vie semi aquatique. Il possède des membranes entre les doigts qui lui servent de palmes lorsqu’il est dans l’eau. Cette étrange particularité fait de lui le seul canidé capable de plonger pour capturer des poissons, et lui permet aussi de parcourir de longues distances à la nage. En cela, on pourrait le rapprocher des ours ou des loutres, dont il a parfois un peu l’allure. De loin, on le confond aussi avec les pécaris (cochons sauvages), et même les cabiais (gros rongeurs) connus ici comme capirava. Mais la ressemblance ne va pas plus loin et gare à l’une de ces espèces si elle s’en approche, elles sont au menu du chien des bois qui, bien que plus petit, chasse ces espèces. Au menu il y a les rongeurs, surtout les agoutis, et même les très gros comme le paca et la capivara, mais aussi des reptiles, des amphibiens et des oiseaux, le chien des bois étant totalement carnivore. Mais il a lui aussi ses prédateurs, le jaguar, le jacaré (caïman) et l’anaconda. Les groupes sont constitués de 8 à 10 individus, en général des couples adultes et des chiots, la meute est extrêmement hiérarchisée et sous domination du plus vieux couple. Il est ainsi le seul canidé sud-américain à vivre en groupe, sur le même modèle que les loups. Comme les chiens domestiques, les individus communiquent par des aboiements, qui se taisent à l’approche d’intrus. Il n’est donc pas rare qu’on les entende de loin, mais les voir est quasiment impossible. Leurs moeurs sont diurnes et dès le soir les chiens des buissons se cachent dans des cavités à même le sol ou dans des vieux troncs d’arbres. Son pelage est brun rougeâtre, avec des tons pouvant varier suivant les régions, sa queue est courte et ses oreilles sont petites et rondes. L’espèce, déjà assez rare, est menacée par le déboisement et l’assèchement des zones humides destinées à l’agriculture. Jusqu’ici il n’y a pas de données fiables sur la population de l’espèce, on sait seulement que la plupart des groupes sont aujourd’hui isolés dans les poches de forêts encore en place, une situation qui devrait à terme engendrer des problèmes de consanguinité. |